à propos

Dixième centre de recherche de Sciences Po, le médialab a été créé en 2009 pour aider les sciences sociales et humaines à tirer le meilleur profit de la masse de données rendues disponibles par la numérisation.

Il a trois missions principales fortement intégrées: méthodologie, analyse, théorie.

La première est d’être au service des différents centres de Sciences Po pour aider les chercheurs qui se trouvent aux prises avec des données nouvelles pour lesquelles il n’existe pas encore de méthodologie bien établie.

La deuxième mission consiste à analyser en quoi la numérisation modifie les médias et les médiations qui sont l’objet des sciences sociales et humaines, particulièrement en économie, en sciences politiques, en histoire et en sociologie.

La troisième est de repérer en quoi la numérisation ne se contente pas de multiplier les données et de modifier les pratiques existantes, mais quelle nouvelle prise elle apporte sur les questions fondamentales de la théorie sociale .

Méthodes numériques (digital methods), études des médias (media studies), théorie sociale (social theory) forment ainsi les trois piliers du médialab. C’est cette combinaison exceptionnelle entre méthode, analyse et théorie, qui explique l’originalité de son organisation. En effet, contrairement aux autres centres de Sciences Po, il est composé d’un petit nombre d’universitaires et d’un nombre important d’ingénieurs, qui sont tous considérés comme publiants (qu’il s’agisse d’articles, de logiciels, ou de méthodes). En ce sens, il emprunte davantage son modèle d’organisation à un laboratoire d’instrumentation scientifique.

L’autre originalité du médialab en terme d’organisation est de s’appuyer à parts égales sur trois métiers: sciences du social, ingénierie des données numériques et design de l’information, ce dernier métier étant devenu indispensable du fait de la masse et de l’hétérogénéité des données qui bouleversent les habitudes de lecture.

Le médialab s’est particulièrement consacré au cours des années passées à domestiquer les données numériques pour qu’elles deviennent utilisables pour les trois missions qu’il s’était fixé au départ:

Du point de vue des méthodes numériques, un grand nombre de logiciels ont été développés qui permettent d’organiser, d’automatiser et de visualiser les recherches sur les données nativement numériques ou numérisées. Ces nombreux outils et instruments ont été intégrés à des recherches (en économie TRUST et SOWELL, en sciences politiques « La Fabrique de la Loi », en méthodes d’enquêtes DIME-SHS, en histoire EAT Datascape et TOFLIT, en anthropologie AIME) mais aussi à des enseignements et en particulier aux cours de controverses développés dans le cadre du projet FORCCAST. Le médialab a ainsi pu collaborer avec un grand nombre de chercheurs de Sciences Po tout en développant un réseau international avec les centres de même type.

Du point de vue des études de média, de nombreuses recherches ont été menées sur l’opinion IPINION, les nouvelles formes de subjectivité HABITELE, la transformation de l’édition SOLEN, les humanités numériques RICARDO.

Enfin, du point de vue de la théorie sociale, d’importants articles ont été publiés sur les nouvelles façons de suivre les traces laissées par les activités humaines, traces dont la visualisation permet d’envisager de nouvelles définitions de la société et de ses acteurs.